A Travellerspoint blog

Dec 2007

Iruya (le roman) 2

Deuxième partie

28 décembre, me voilà de retour dans la capitale. Joyeux Noël à tous. Je vais bien, mais j'étais épuisé, hier en descendant de l'autobus. J'ai même dû refuser l'invitation de Katya (une très très jolie Mexicaine) d'aller prendre un verre avec les copains. Je vais devoir trouver un moyen de remettre ça. Le 25 décembre, J'ai croisé Alexis et Maude à Mendoza pour la Noël. Ils avaient préparé leur appartement comme il se doit: tableaux de la nativité et de la Passion, sapin, crèche, nappe avec des cloches etc. Nous avons manger des empanadas en buvant du bon vin. Nous avons clôturer en errant dans les rues de Mendoza au bruit des millers de pétards en buvant du mousseux au goulot...

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(La suite)

et... je LA vois.

Mon premier regard posé sur Elle est en fait un "double-take"; vous savez, il s'agit d'un premier coup d'oeil bref et distrait suivi immédiatement et par réflexe d'un second qui tient à s'assurer que le premier a bien vu ce qu'il a vu. En fait, je la devine plus que je ne la vois parce que l'intérieur du véhicule est sombre et qu'elle est à contre-jour, de profil à la fenêtre. Mais à partir de ce moment, Elle devient un sujet fascination ou, mieux encore, la conviction profonde que tout jusqu'ici devait me mener jusqu'à elle. Aussi soudainement qu'une éclaircie dans un ciel opaque, la journée devient radieuse et la route incertaine vers Iruya, un monde de possibles.

Au moment où je m'assois, Elle est en pleine conversation mi-anglais mi-castellano avec une jeune femme rousse, une Écossaise comme je l'apprendrai plus tard. Étant installée dans la rangée précédente et opposée à la mienne, à ma droite, je peux l'observer à loisir sans qu'elle s'en aperçoive (si je le fais discrètement). Et ce n'est pas une chose aussi simple qu'il n'y paraît, c'est à dire que je n'ai pas du tout envie de la regarder discrètement. Au contraire. Je n'y pense pas alors, mais en écrivant ces lignes, je me rappelle un film récent, divertissant sans plus dont j'oublie le nom et dans lequel un jeune étudiant peintre et insomniaque se découvre le talent d'arrêter le temps mentalement pour observer ses modèles à loisir. Dans une allée d'épicerie, partout. Il les dénude avec une simplicité respectueuse, passionnée et essaie de décrire ce qui les rend uniques, belles. Pour les peindre plus tard. C'est ce que je voudrais pouvoir faire. Mais n'allez surtout pas imaginer que j'essaie de la déshabiller des yeux. Non, le sens d'observation que j'exerce ici en est un beaucoup plus subtil. Je dois m'astreindre à la sentir, dans l'air: ses mouvements aussi infimes soient-ils, ses mots à peine audibles tout en m'efforçant de regarder partout ailleurs... et si parfois mes yeux se posent sur Elle, c'est par hasard parce que je regardais le paysage à travers sa fenêtre... Heureusement, il y en a des choses à regarder, une infinité... (à suivre)

Posted by lomtron 7:34 AM Comments (2)

Iruya (le roman)

Première partie

Je prends pour acquis que vous venez voir le blogue de manière volontaire alors je ne m'excuserai pas de la longueur des mes petites histoires, Sachez seulement que j'essaie vraiment de m'en tenir à l'essentiel, mais que l'essentiel est parfois difficile à saisir. J'ai quand même décidé de séparer la prochaine chronique en différentes parties questions d'alléger la lecture et de créer un suspense? Ça s'est passé il y a déjà près d'une semaine et ça fait suite à Jujuy sous la pluie.

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Je ne nais pas comment raconter la prochaine partie du voyage. Ni même si je devrais. C'était peut-être un songe après tout. C'est à dire que j'ai parfois l'impression que ce qui m'arrive n'existe que quelque part entre ma tête et une espèce d'aura sensible autour de moi qui perçoit la <réalité>, mais que rien ne peut être partagé. Des événements se déroulent autour de moi et en moi, mais il semble que je sois le seul témoin de la projection de film privé appelé ma vie. Évidemment me répondrez-vous, mais en toute modestie, je trouve cela dommage parfois tellement c'est beau. Désolé pour cette curieuse introduction, je ne suis même pas convaincu qu'elle serve à situer un éventuel lecteur pour comprendre ce qui suit. En fait, comme le cours du voyage m'oblige à écrire en décalage (assez important), c'est surtout un moyen détourné pour me replonger dans mon bref séjour à Iruya. Les événements qui suivent se révéleront probablement banals en relecture; ils me semblent déjà moins vifs, mêlés qu'ils sont aux aventures des derniers jours. Mais pardon, cher lecteur, d'exercer ta patience. Voici plutôt.

Déjà en arrivant à Humahuaca, ma décision est prise concernant la prochaine destination. Les filles et moi en avions parlé ensemble et c'est un projet qui m'avait plu immédiatement: une ville pittoresque nichée dans les montagnes tout au bout d'un chemin de terre interminable, sinueux et périlleux. Le minuscule village est en même temps la fin de la route et on ne peut aller plus loin dans cette direction. Après, il faut rebrousser chemin ou s'installer à Iruya.

Au réveil, Humahuaca est toujours grise et je suis moi-même dans un état brumeux (j'en oublie un petit sac de plastique contenant des comprimés de pénicilline pour mes dents de sagesse sur le lit). Il est 10:00 et je dois me dépêcher pour attraper le premier colectivó de la journée qui est à 10h30. Sinon, il faut attendre 6 heures pour le prochain et dernier. Je dois également faire le plein de pesos au seul guichet du pueblo... je prends quand même le temps d'avaler un café en vitesse au terminal. Course au guichet qui, par malheur, refuse ma carte systématiquement. C'est une tare parce qu'il n'y a aucun moyen de retirer à Iruya ni d'utiliser une carte de crédit. Et je ne suis pas encore à sec, mais ça s'en vient. C'est tout de même une drôle de sensation de penser qu'on pourrait rester coincé quelque part...

J'arrive à temps et je m'installe dans le petit bus bleu bancal sur lequel on peut lire IRUYA en lettres moulées style western. Je monte à bord, trouve mon siège qui donne sur la fenêtre et... je LA vois... (à suivre)

Posted by lomtron 6:29 AM Comments (1)

La suite... Jujuy sous la pluie

(sur l'air de Blue Jeans sur la plage)

Alors donc, je quitte l'auberge et me dirige d'un pas pressé vers la station d'autobus pour attraper le même colectivò que les filles, je suis tout étonné de ne pas les apercevoir sur les lieux. Non plus à la boletería. J'achète tout de même mon billet pour Tilcara et je pars à l'heure prévue de 14:40. Le voyage est plutôt court et s'effectue tranquillement et joliment malgré que le ciel se couvre rapidement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de soleil du tout rendu à destination. À peine descendu, je croise les filles qui m'assurent avoir pris, elles-aussi, le colectivó de 14:40. Pourtant, elles peuvent attester comme moi que nous n'étions pas dans le même véhicule... mystère. Nous allons manger une bouchée dans un restaurant près du terminal. Nos retrouvailles me confirment l'idée qu'il serait préférable de se séparer quitte à se retrouver un peu plus tard. Comme je les aime bien et qu'elles sont gentilles et civilisées , chacun fourni son effort pour que ça s'effectue en douceur. La fortune vient alors nous donner un coup de main: une famille attablée juste à côté nous aborde (ou vice-versa je sais plus). Éventuellement, la maman nous invite à nous joindre à eux pour une excursion aux ruine Pucará. Les filles refusent poliment prenant la décision d'aller se renseigner pour un retour vers le sud. J'accepte.

Tout naturellement nous prenons deux directions opposées; on se retrouvera pour le jour de l'an à Buenos Aires.

Le site de Pucará est très beau surplombant toute la région. On voit des montagnes à perte de vue, désertiques et en même temps, par un miracle d'agriculture rappelant le travail des arabes en Espagne, il y a des jardins, des enclôs pour les animaux, des arbres rangés en rangs au milieu de cette étendue de pierres et terre. En vérité, Pucará est une reconstruction d'un site très ancien qui servait de forteresse aux habitants de la <localité>. J'ai droit à une visite guidée improvisée par l'oncle Espagnol et à des regards un peu perplexes et méfiants de la part des enfants. Il pleut et il fait froid alors je m'abrite dans les maisons de pierres multicolores pour constater qu'il y fait bon. Il y a une dizaine d'habitations, un mirador, un cimetière, une cour et un autel destiné aux sacrifices humains qui constituent l'église du village.

Après la visite, on me dépose en ville où je prends un café en jasant avec quelques locaux. Je prend également la décision de poursuivre vers le nord à Humahuaca, le soir même. Le trajet est un peu plus long qu'entre Purmamarca et Tilcara et les vitres embuées par la pluie et la condensation m'empêchent d'apprécier le paysage. Qu'à cela ne tienne, j'échange des regards amusés et des sourires avec la famille assise à ma droite, à l'arrière du colectivò. Nous rions parce que les bancs sont bancals et qu'ils jouent à la chaise musicale pour savoir qui sera coincé sur le banc détruit. Je propose ma place, ils refusent, c'est bien plus drôle ainsi. En arrivant à Humahuaca, je suis fourbu et il pleut à torrents. Je rentre dans la première auberge qu'on m'indique et accepte un peu à contre-coeur le prix exhorbitant de 40 pesos (12$US). Par contre, j'ai un baño privado et une chambre à moi tou seul ce qui me convient parfaitement. Dans mon guide de voyage qu'un ami d'un ami a eu la générosité de me prêter, la ville est décrite un peu comme étant sans intérêt véritable sinon qu'on peut y faire le plein avant de poursuivre au nord. Quand je me décide à aller prendre une marche dans la ville inondée pour prendre un verre, la ville est décidément morte. Dans ces régions, pas question de rester ouvert au cas zou! Non, il pleut, y'a personne, on ferme. C'est chouette de marcher dans les ruisseaux. Je finis par trouver un restaurant où je goûte à ma première Quilmes Negra en écoutant les Simpsons en espagnol.

Finalement je rentre me coucher et je ronfle sans aucun doute...

à suivre...

Posted by lomtron 12:02 PM Comments (0)

Toujours plus au Nord

Par où commencer?

Ouf...

Nous quittons donc Salta vendredi en après-midi, si je ne m'abuse (le temps a rarement été une notion aussi abstraite) pour atterrir à Purmamarca (Jujuy), un pueblito d'un peu moins de 1000 habitants réputé pour ses montagnes. En fait, le colectivo nous laisse au coin de 2 routes, au beau milieu de nullepart à quelques kilomètres de là. Ensuite, en théorie, il y a des remiss (genre de taxi) qui passent parfois... On doute un petit moment, puis une voiture apparaît, s'arrête, des gens en débarquent et nous avons le temps de courir pour demander au chauffeur s'il peut nous conduire. Ils nous dépose à l'entrée de la ville devant une auberge magnifique qui tient plus de la villa que d'autre chose et qui d'ailleurs est trop chère pour nos moyens. Pauline est déçue. Nous marchons ensuite dans cette ville minuscule débordante de chiens errants et couverte de poussière rouge. Le panorama est à couper le souffle malgré l'heure tardive et le ciel qui se couvre. Difficile cependant d'apprécier les 7 couleurs de la montagne...Ça devra attendre le lendemain. En attendant, nous dénichons, derrière une petite église, des habitations bon marché pour passer la nuit. L'employé se propose pour nous organiser une sortie pour les Salinas Grandes (grandes étendues de sel) le lendemain matin. Après avoir visité le cimetière, d'une façon un peu cavalière en passant sous les barbelés, nous trinquons avec un Malbec de la région de Cafayate (Salta). L'air est délicieusement frais, le vin est doux. Nous mangeons dans la première peña que nous trouvons sans nous apercevoir que c'est l'attrape-touriste du coin. J'y mange pourtant un excellent cazuela de llama. Épuisés nous rentrons dans notre petite chambre pour y dormir. Il faut d'abord chasser quelques bêtes qui y avaient élu domicile dont une araignée plutôt énorme. Mathilde se propose pour cette tâche et elle en fera quelques cauchemars qui l'empêcheront de dormir... à moins que ce ne soient mes ronflements...

Le temps d'un café et d'une rencontre avec 2 charmantes mexicaines qui me résument leur voyage et nous partons pour les Salinas. Nous laissons nos sacs plus lourds pour n'emporter que le nécessaire. Alors, si la route de Salsa à Purmamarca était impressionnante de montagnes et de vallées, de crevasses, de jeu d'ombre et de lumière, celui qui mène aux Salinas dépasse l'entendement. Premièrement en sensations fortes: dans le car nous sommes un Québécois, 2 Françaises, 1 Porteño, 1 Suisse, un couple dont j'ignore l'origine et une mère qui de toute évidence est de la régions et son niño de 3 ans et demie tout au plus. Eh bien, à peine 15 minutes après le départ, le petit est malade. Le chauffeur nous avait dit de l'avertir, on l'averti. Il arrête pour le petit. Mais ça va continuer jusqu'au point culminant de 4100 mètres! jusqu'au no man's land où ils vont débarquer finalement, je crois que j'ai aperçu une maison en terre au pied d'une montagne où ils auraient pu habiter. Pobrecito!!! Il faisait vraiment pitié. Bref, sinueux, mais surtout vertigineux comme parcours.

En arrivant finalement aux Salinas après une heure et quelque de route, la première chose qui m'a frappée, ce sont deux bancs de sel entassés sur le bord d'une barraque. On aurait vraiment dit de la neige. Et à part le chemin de terre, c'est blanc à perte de vue. À la limite de l'horizon est, la pré-cordillière dont nous venons et à l'ouest, la coridillière des Andes. Et au-delà, le Chili. J'ai désespérément besoin d'un baño alors je cherche aux alentours en demandant aux locaux (quelles conditions arides!!) et j'ai fini par trouver le <spot>: une cabine en sel et en terre avec un trou rectangulaire où on peut se soulager CONFORTABLEMENT. Heureusement, ç'était un numéro 1 qui m'a coûté un demi peso pour la forme. Nous marchons jusqu'à la piscine des Salinas. Un peu comme à la plage, quand on gratte suffisamment dans le sel il y a de l'eau qui est d'ailleurs très froide. Les gens s'en servent pour enlever le sel de leurs mains ou de leurs accessoires de sculpture. La lumière du soleil réfléchissant sur le sel est complètement aveuglante et je dois marcher les yeux fermés à quelques moments. Un peu comme la neige au Québec en campagne, sauf que le soleil est plus fort. Après 45 minutes, 1 heure, nous rentrons.

Début d'après-midi, je souhaite aller marcher dans un sentier assez court qui grimpe dans la montagne et revient au village. Les filles sont pressées de partir. Nous mesurons un peu plus l'ampleur des effets d'une différence de temps sur le rythme du voyage: elles doivent être de retour pour le 21 décembre. Nous décidons de nous séparer et de nous retrouver à Tilcara. Seulement, tout de suite après leur départ, alors que j'avertis l'employé que je laisserai mon sac (qui est dans un coin sombre dans les jambes de personne) une demi-heure de plus pour aller marcher sur le chemin qu'il m'a proposé, le proprio (je crois) sans me regarder me dit que c'est inacceptable, que j'aurais dû quitter les lieux bien avant, qu'en plus les filles ont resali la toilette qu'il venait juste de laver... la totale. Alors le seul client des derniers jours est parti avec un Muchas Graçias! bien senti en emportant mon sac pour attraper l'autobus.

la suite prochainement...

Guillaume
xx

Posted by lomtron 11:36 AM Comments (0)

Yo no soy un gaucho

Holà todos!!!

J'espère que vous allez bien. Peut-être que vous espérez des détails croustillants sur mes nuits torrides avec les Salteñas... eh bien ce soir vous aurez des nouvelles de la bête que j'ai chevauchée tout l'après-midi. De un, c'est mâle... dont j'ai oublié le nom. Mais les responsables de la randonnée m'ont assuré que c'était un hijo de puta (très têtu). On parle de cheval depuis tout à l'heure. C'était magnifique: se balader comme ça dans les champs de tabac avec les montagnes tout autour. J'ai adoré. Demain on repart vers le Nord , je crois. Vers un lac de sel. Peut-être qu'on traversera en Bolivie, on verra. Ça fait du bien d'être en mouvement.

On s'est tappé 20h d'autobus pour arriver à Salta et c'était une compagnie très chouette; les chauffeurs étaient très sympathique, on était assis au premier rang du 2ème étage avec une fenêtre immense sur la route. Je n'ai pas beaucoup dormi, mais ça m'a donné l'occasion de prendre une centaine de photos du levé de soleil.

Je suis sincèrement désolé pour les nouvelles envrac comme ça, mais je suis toujours dans un état de fatigue plus qu'avancé...

J'essaie de me reprendre prochainement avec des poèmes...

à bientôt!

guillaume

Posted by lomtron 8:57 PM Comments (1)

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