Arrivés à Colonia nous décidons d'y passer l'après-midi. Bâtisses coloniales colorées pastel et courtes sur pattes, allées et ruelles bordées de fleurs, la ville me fait penser aux villes du sud mexicain. Et surtout, on voit la mer de presque chaque coin de rue... Quel bonheur!!! Nous laissons nos bagages dans une auberge. La madame n'est pas très enchantée, mais c'est quand même le secrétariat touristique de l'endroit qui nous a donné le nom de la place. Nous allons nous tremper les pieds dans l'eau et je fais des ricochets avec Katya. Je fais bien rire les deux Françaises parce qu'après avoir donné des conseils à Katya sur la façon de lancer, je ne bats vraiment pas des records. Nous reprenons la route quelques heures plus tard pour Montevideo où nous arrivons dans la soirée. Alors je ne sais pas si c'est à cause de tout ce que j'ai entendu sur la capitale, mais c'est la première fois que je ne me sens pas du tout en sécurité. En même temps, les gens n'ont jamais été aussi accueillants dans une grande ville; ils ne tarissent pas d'informations en prenant le temps de bien se faire comprendre, ils demandent d'où on vient, paraissent enchantés, nous avertissent des coins à éviter... En arrivant dans le quartier ciudad vieja (un des plus obscurs) on se met en quête d'un hôtel. On nous dit que tout est complet, mais en se séparant, je finis par trouver avec Katya un petit hôtel pas trop chic et un peu suffocant, mais propre avec 2 chambres doubles de disponibles. Voilà le hic, je vois tout de suite que Katya est mal à l'aise dès qu'il apparaît qu'on pourrait dormir dans le même lit (moi et ma gueule de violeur). À sa défense, je dois dire que je l'ai un peu cruisé à Buenos Aires, mais rien de bien méchant et je croyais qu'on était bons amis... anyway... j'accuse le coup discrètement et je la rassure aussitôt sur le fait que je n'ai pas de problème à dormir sur le plancher (hein Ève? Hein Alexis? Hein Magalie? ); je dors bien partout. Ça passe.
On sort devant l'hôtel pour consulter les Françaises qui sont disparues. Je suis en tabarnak parce qu'elles se poussent souvent sans rien dire, mais en plus là on est planté en plein milieu du quartier obscur avec un <dude> qui fait du kung fu dans le vide, visiblement saoûl et qui nous demande de l'argent. Bref, je la trouve pas drôle d'être obligé de poireauter, seul, coincé avec une Mexicaine qui me toucherait pas avec un bâton... Les filles reviennent 15 minutes plus tard avec une autre proposition: un hôtel qui va nous revenir un peu plus cher que l'autre, mais qui est <buena onda> et surtout avec 2 dortoirs... 1 pour les filles et une petite chambre pour moi. Ça me fait rire un peu, j'ai vraiment l'impression qu'on encage le fauve, mais en réalité je suis plutôt heureux de pouvoir ronfler sans m'inquiéter et... de dormir seul finalement. Ma fenêtre au 3ème étage donne sur une rue fêtarde assez bruyante, mais je dois la laisser ouverte parce que sinon j'étouffe. Au petit matin, quelque chose a déjà changé dans la façon dont j'entrevois le voyage en Uruguay. J'étais plus qu'enthousiaste d'accepter l'invitation des filles, mais je ressens le même malaise que j'avais dans le nord-ouest argentin. Il y a un double discours: <Allez vient! Mince que tu ne viennes pas... Allez! Ce sera bien. Et en même temps tout est en oeuvre pour bien faire sentir que ce devrait être un voyage de filles...> Jo mk'aura prévenu. J'entreprends de rejoindre Jo, Alexis et Maude par internet. J'apprends qu'ils arrivent le soir même en Uruguay: parfait. De la salle commune à ma chambre, impossible de croiser les filles qui se sont passé le mot pour être invisibles. Qu'il en soit ainsi!
Je pars découvrir la ville en solitaire. C'est une très belle journée un peu venteuse. Je vais rendre visite aux pêcheurs installés le long de la grève. Je suis éclaboussé par les vagues éclatant sur les rochers et ça devient presque un jeu qui m'amuse beaucoup d'y échapper. Je m'enfarge dans une ligne à pêche sous les yeux découragés d'un bonhomme. Ensuite je erre un peu de ci de là jusqu'à l'heure du souper où j'ai donné rendez-vous aux copains devant le monument du Libertador. Que je suis content de les retrouver. On va se tapper une bonne bouffe dans le quartier cher et après on va prendre un verre. Alexis me paye le shooter le plus dégueulasse du monde. Liqueur d'oeuf, crème de menthe, grenadine et une autre affaire brune ce devait être du rhum. On voit tous les étages de couleur. Évidemment je suis obligé de le descendre. Les filles arrivent par hasard. C'est un drôle de mood. Pauline est toute câline tout d'un coup: est-ce que je les accompagne à Valizas? Elles ont trouvé une plage tranquille. Bon, ça ne me dis rien, mais j'ai hâte de quitter Montevideo et les copains veulent y rester une autre journée. Je décide de les suivre pour enquêter sur les lieux pour fixer un autre rendez-vous aux potes. Évidemment: quelle mauvaise idée.
Je passe quand même de très beaux moments. En arrivant, tout semble complet et on doit chercher un bon moment en refusant des offres pas possiblement chères avant de croiser, par hasard, une hippie visiblement saoûle et de mèches avec tous les louches du village qui nous offre une petite maison en bois sur le bord l'eau (!). Est-ce que j'ai dit MAISON... C'est plutôt un tas de planches montées sur 2 étages faisant un genre de construction poussiéreuse et un peu insalubre, mais relativement stable et peuplée de grenouilles... On y reste le temps de se demander s'ils vont revenir nous voler et on plonge dans la mer!!!
L'eau est délicieuse; une petite coche en-deça de rafraîchissante. Un poisson fait surface de temps à autre en me faisant faire un saut et gigoter un peu comme une fillette: IHI-aaa-yuyou! Ensuite je vais visiter le village et grignoter un peu. Seuls autre faits marquants: un coucher de soleil sur les dunes au son d'une guitare, une bière dégustée sur la plage sous un ciel gorgé d'étoiles et... les filles qui se sont perdues dans le noir et que j'ai attendu jusqu'à 4 heures du matin, un peu inquiet. Katya est tombée amoureuse de un ou deux Uruguayens alors je l'ai seulement croisé au petit matin. Je me suis hâté de faire mon sac pour rejoindre les copains qui finalement venaient me chercher avec une voiture louée!! J'ai lâché un <Adios chicas!> volontairement un peu snob et je suis sorti sans attendre de réponse... (à suivre)