Toujours plus au Nord
Par où commencer?
18.12.2007
Ouf...
Nous quittons donc Salta vendredi en après-midi, si je ne m'abuse (le temps a rarement été une notion aussi abstraite) pour atterrir à Purmamarca (Jujuy), un pueblito d'un peu moins de 1000 habitants réputé pour ses montagnes. En fait, le colectivo nous laisse au coin de 2 routes, au beau milieu de nullepart à quelques kilomètres de là. Ensuite, en théorie, il y a des remiss (genre de taxi) qui passent parfois... On doute un petit moment, puis une voiture apparaît, s'arrête, des gens en débarquent et nous avons le temps de courir pour demander au chauffeur s'il peut nous conduire. Ils nous dépose à l'entrée de la ville devant une auberge magnifique qui tient plus de la villa que d'autre chose et qui d'ailleurs est trop chère pour nos moyens. Pauline est déçue. Nous marchons ensuite dans cette ville minuscule débordante de chiens errants et couverte de poussière rouge. Le panorama est à couper le souffle malgré l'heure tardive et le ciel qui se couvre. Difficile cependant d'apprécier les 7 couleurs de la montagne...Ça devra attendre le lendemain. En attendant, nous dénichons, derrière une petite église, des habitations bon marché pour passer la nuit. L'employé se propose pour nous organiser une sortie pour les Salinas Grandes (grandes étendues de sel) le lendemain matin. Après avoir visité le cimetière, d'une façon un peu cavalière en passant sous les barbelés, nous trinquons avec un Malbec de la région de Cafayate (Salta). L'air est délicieusement frais, le vin est doux. Nous mangeons dans la première peña que nous trouvons sans nous apercevoir que c'est l'attrape-touriste du coin. J'y mange pourtant un excellent cazuela de llama. Épuisés nous rentrons dans notre petite chambre pour y dormir. Il faut d'abord chasser quelques bêtes qui y avaient élu domicile dont une araignée plutôt énorme. Mathilde se propose pour cette tâche et elle en fera quelques cauchemars qui l'empêcheront de dormir... à moins que ce ne soient mes ronflements...
Le temps d'un café et d'une rencontre avec 2 charmantes mexicaines qui me résument leur voyage et nous partons pour les Salinas. Nous laissons nos sacs plus lourds pour n'emporter que le nécessaire. Alors, si la route de Salsa à Purmamarca était impressionnante de montagnes et de vallées, de crevasses, de jeu d'ombre et de lumière, celui qui mène aux Salinas dépasse l'entendement. Premièrement en sensations fortes: dans le car nous sommes un Québécois, 2 Françaises, 1 Porteño, 1 Suisse, un couple dont j'ignore l'origine et une mère qui de toute évidence est de la régions et son niño de 3 ans et demie tout au plus. Eh bien, à peine 15 minutes après le départ, le petit est malade. Le chauffeur nous avait dit de l'avertir, on l'averti. Il arrête pour le petit. Mais ça va continuer jusqu'au point culminant de 4100 mètres! jusqu'au no man's land où ils vont débarquer finalement, je crois que j'ai aperçu une maison en terre au pied d'une montagne où ils auraient pu habiter. Pobrecito!!! Il faisait vraiment pitié. Bref, sinueux, mais surtout vertigineux comme parcours.
En arrivant finalement aux Salinas après une heure et quelque de route, la première chose qui m'a frappée, ce sont deux bancs de sel entassés sur le bord d'une barraque. On aurait vraiment dit de la neige. Et à part le chemin de terre, c'est blanc à perte de vue. À la limite de l'horizon est, la pré-cordillière dont nous venons et à l'ouest, la coridillière des Andes. Et au-delà, le Chili. J'ai désespérément besoin d'un baño alors je cherche aux alentours en demandant aux locaux (quelles conditions arides!!) et j'ai fini par trouver le <spot>: une cabine en sel et en terre avec un trou rectangulaire où on peut se soulager CONFORTABLEMENT. Heureusement, ç'était un numéro 1 qui m'a coûté un demi peso pour la forme. Nous marchons jusqu'à la piscine des Salinas. Un peu comme à la plage, quand on gratte suffisamment dans le sel il y a de l'eau qui est d'ailleurs très froide. Les gens s'en servent pour enlever le sel de leurs mains ou de leurs accessoires de sculpture. La lumière du soleil réfléchissant sur le sel est complètement aveuglante et je dois marcher les yeux fermés à quelques moments. Un peu comme la neige au Québec en campagne, sauf que le soleil est plus fort. Après 45 minutes, 1 heure, nous rentrons.
Début d'après-midi, je souhaite aller marcher dans un sentier assez court qui grimpe dans la montagne et revient au village. Les filles sont pressées de partir. Nous mesurons un peu plus l'ampleur des effets d'une différence de temps sur le rythme du voyage: elles doivent être de retour pour le 21 décembre. Nous décidons de nous séparer et de nous retrouver à Tilcara. Seulement, tout de suite après leur départ, alors que j'avertis l'employé que je laisserai mon sac (qui est dans un coin sombre dans les jambes de personne) une demi-heure de plus pour aller marcher sur le chemin qu'il m'a proposé, le proprio (je crois) sans me regarder me dit que c'est inacceptable, que j'aurais dû quitter les lieux bien avant, qu'en plus les filles ont resali la toilette qu'il venait juste de laver... la totale. Alors le seul client des derniers jours est parti avec un Muchas Graçias! bien senti en emportant mon sac pour attraper l'autobus.
la suite prochainement...
Guillaume
xx
Posted by lomtron 11:36





